« La visite de la vieille dame » en Avignon …par la compagnie les têtes de bois

« La visite de la vieille dame » !!!  Un conte très contemporain mis en scène par Mehdi Benabdelouhab…

 

La compagnie des tête de Bois présentera son nouveau spectacle « La visite de la vieille dame »  de Friedrich Durrenmatt, au festival d’Avignon.

 

Dans cette pièce créée en 1956, Durrenmatt attaque au vitriol, les vacillements de la conscience et de l’hypocrisie que provoque l’appât du gain.  Une vieille dame richissime revient dans son village natal,« Güllen », pour se venger d’un amour de jeunesse qui l’a trahie. Le village autrefois prospère est désormais ruiné et délabré ; aussi, les habitants, comptent ils profiter de cette opportunité pour soutirer de l’argent à la milliardaire fraichement arrivée.

Dans cette farce tragique, une farandole de personnages torturés, grimaçants vont s’arranger avec la morale et se préparer au crime collectif. Les frontières entre justice et injustice, culpabilité et innocence se brouille, le temps de cette danse macabre.

Les discours versatiles se succèdent et la collectivité corrompue par l’argent perd toute notion du bien et s’engage inexorablement sur des chemins aussi tortueux que malsains.

 

Avec ce nouveau spectacle, Mehdi Benabdelouhab signe une fois de plus une mise en scène contemporaine, poétique, mêlant masques, marionnettes, costumes et maquillage.

S’il y a un texte qui ne pouvait laisser indifférent le metteur en scène, c’est bien « la visite de la vieille dame », un texte entièrement basé sur les travers humains. Ne l’oublions pas, le conte est là pour véhiculer un message et en 1956, Durrenmatt pensait certainement aux périodes obscures, et sombres ou délation et collaboration faisaient bon ménage …

Mehdi Benabdelouhab a vu dans ce texte un véritable conte contemporain. Divertissant, cruel, comique voir burlesque, il porte en lui une force émotionnelle, philosophique puissante  qui ne cesse d’interroger notre propre conscience.

 

Afin d’exacerber les côtés monstrueux des personnages, le metteur en scène a choisi d’utiliser de nombreuses marionnettes côtoyant des comédiens masqués créant ainsi une distanciation pertinente avec l’humain … L’objectif étant de semer le trouble chez le spectateur qui ne sera plus qui est marionnette qui est comédien, qui à tort qui a raison et ainsi laisser à chacun le choix de se faire sa propre opinion. N’est-ce pas là un parallèle des plus actuels avec les vicissitudes que connait notre société ?  Difficile de ne pas se laisser emmener sur ces chemins collectifs si facile d’accès qui n’offre plus à l’individu l’opportunité de se questionner éthiquement sur ses propres agissements au quotidien…

 

 

Des marionnettes et des Masques signées Brina Babini. 

 

Les œuvres de l’artiste et décoratrice Brina Babini animent les scènes des plus grands festivals européens. Diplômée de «  l’atelier des Illustrations » école pour Marionnettistes de Cervia en Italie,  elle rencontre d’excellents de sculpture et scénographes pendant sa formation. Quelques-uns de ses travaux sont exposés dans des musées nationaux, internationaux et au sein de collections privées. Quelques productions signées par Brina Babinien tant quesculptrice-décoratrice de théâtre gagnent des prix et reconnaissances importants comme les olympiques du théâtre avec « Là darem la main » du principal Roberto de Simone, l’Eolo Awards avec Polichinelle aux quatre mains de Ronga et Au long nez, et la marionnette d’or avec Polichinelle baby de Ronga et Giovannini. Depuis 2010 elle est  la directrice de l’ Atelierdella Luna « International Workshops Théâtre » en Italie.

 

Brina Babini a dernièrement travaillé avec la compagnie « Les têtes de bois », sur « Le médecin affreux sales et méchants » et « La jalousie du barbouillé » d’après Molière et dernièrement pour les masques et marionnettes de « La tempête » de Shakespeare.

 

Pour la visite de la vieille dame les croquis des habitants de Güllen proposés à Mehdi Benabdelouhab, et le travail de réalisation des masques et marionnettes a consisté à trouver un moyen de faire se ressembler le plus possible les comédiens masqués et les marionnettes afin qu’on puisse les confondre.

Il a fallu un très long travaille d’adaptation pour les comédiens afin qu’il puisse évoluer avec aisance sur scène malgré un champs de vision des plus restreint ; il n’était pas question que les spectateurs puisse voir leurs yeux ! La mise en scène est donc de ce fait entièrement « chorégraphiée » au millimètre ; c’est certainement le spectacle le plus technique jamais monté par la compagnie…

 

Isabelle Cabourg

 

 

liens

 

http://www.atelierdellaluna.com/it/atelier-della-luna/

www.lestetesdebois.com